Les travaux pratiques de la vie

 »-. Devant mon incapacité à devenir un bon élève, mes parents m’ont mis au boulot avec eux. J’étais un enfant quelque peu dissipé, l’école n’était pas mon fort, et j’étais déjà un peu hyperactif. Je ne me rêvais pas forcément en un personnage donné, mais, très tôt, en revanche, j’étais le bon copain vers lequel on venait toujours pour s’amuser. J’ai eu très tôt une âme de chef de clan. Je m’ennuyais en classe et avais plutôt tendance à m’évader en regardant par la fenêtre. C’est à l’élève de s’adapter à l’école, et non pas l’inverse, ce qui était vrai hier l’est encore aujourd’hui. Ce qui, à mes yeux, est fort dommage, car l’intelligence est multiple et la doxa éducative cherche avant tout à faire entrer les enfants dans un cadre. On formate plus qu’on ne révèle.

J’ai commencé comme apprenti-maquignon. En clair, j’aidais mes parents à acheter des veaux. Je les accompagnait sur les marchés à bestiaux. Tâter le cul des 🐄 est une expérience formidable pour en apprendre sur la nature humaine. Ce sont les travaux pratiques de la vie ! Comme j’étais débrouillard avec la tchatche, j’expérimentais sans le savoir vraiment l’art de la relation commerciale, mais aussi des relations humaines. Considérer l’autre, même si on veut lui faire baisser son prix, respecter l’animal, travailler pour un accord équilibré, renoncer pour mieux revenir, savoir céder plutôt que de tout perdre, argumenter pour infléchir… » Philippe Ginestet (La force d’aimer)

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