Au pas lent du convoi

 »-. Si je dois être tué aujourd’hui, ce ne sera pas en tombant d’un camion-, se dit Joseph, les doigts crispés sur la bâche goudronnée qui recouvrait le véhicule. Il était couché sur le dos, les bras étendus, crucifié horizontal que traînait sous les étoiles ce corbillard oscillant. La charge du camion était si haute que Joseph et ses amis voyageaient perchés cinq mètres au-dessus du sol, secoués sur le lit rocheux bossué du wadi comme sur ⛵ dans une mer démontée. Il semblait que la masse noire du camion, pareille à un mamouth, dût verser d’une minute à l’autre.

40x40cm  » Au pas lent de 🐘 »

Jetant un coup d’œil au-delà de la bâche, Joseph éprouva la même sensation de hauteur vertigineuse que le jour où, petit enfant, on l’avait pour la première fois posé sur le dos d’un 🐎. Le moteur grondait. La camion surchargé roulait en première vitesse sur les pierres du lit desséché du ruisseau. Il cala. Il repartit avec un gémissement plaintif. Devant eux, la longue file espacée des autres camions du convoi suivait en hésitant le cours tourmenté du wadi, sombre caravane de géants maladroits. La🌙 ne se lèverait pas avant une heure, mais le ciel était rempli d’étoiles. Les rochers pâles poursuivaient, tranquilles, leur sommeil archaïque. Derrière le camion de Joseph, la fin du convoi, qui s’étalait sur plus d’un kilomètre, paraissait être, dans la 🌃 hostile, une guirlande de lueurs en mouvement. » Arthur Koestler (La Tour d’Ezra)

Une réflexion sur “Au pas lent du convoi

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s