La Horra au son de la cornemuse

 »-. Soudain, le chant grêle d’une cornemuse s’éleva dans l’obscurité du dehors et devint plus fort avec l’approche du joueur. Un moment plus tard, il entra dans la salle, soufflant dans son instrument, les joues gonflées et levant très haut les genoux, tandis que son corps bossu se balançait selon le rythme rapide et vigoureux de la chanson. Il donnait l’impression d’être ivre, mais ses camarades savaient que c’était simplement l’un de ces accès soudains, irrésistibles, qui saisissaient parfois le petit joueur, calme et silencieux d’habitude. Comme un brouillard que dissipe un violent coup de vent, la stupeur qui les abattait s’évapora.

Projet Miro, Danse avec Miro

Ils poussèrent les bancs et les tables contre le mur et, dans l’espace libre, trois garçons formèrent aussitôt le premier anneau de la Horra, cette ronde sauvage. D’autres s’y joignirent, leurs bras s’enlaçant mutuellement les épaules, leurs têtes rejetées en arrière, ils se mirent à tourner à gauche. S’arrêtant, ils se balançaient d’avant en arrière, le torse presque horizontal, tout en tapant des pieds et en reprenant à tue-tête le refrain du chant. La ronde s’ouvrait. Puis se reformait, augmentée de nouveaux danseurs. Bientôt, elle fut trop grande pour la salle. Elle se scinda en deux. La plus petite se plaça au milieu de la première, et elles tournèrent en sens inverse. La Horra toute entière ressemblait à un tourbillon, étourdissant et féroce. » Arthur Koestler (La Tour d’Ezra)

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