Au four !

 »-. Lorsque deux nègres surgirent pour me maîtriser, je ne leur opposai aucune résistance, c’eût été inutile, et dangereux. Le four… Ce seul mot, aujourd’hui encore, me donne des frissons. C’était une cabane en rondins située dans le quartier des esclaves. On y enfermait les nègres après les avoir fouettés. Elle était placée de telle façon qu’elle se trouvât exposée au ☀️ toute la journée. Certains prisonniers survivaient, d’autres non. On me jeta dans ménagement dans cette cellule sans fenêtre. La seule lumière était celle qui filtrait par les interstices de la porte percée d’un judas par où, chaque matin, on me tendait un pichet d’eau et un bol de riz ou de bouillie.

Projet Viens chez moi, j’habite chez une copine

Le plafond était si bas et l’espace si restreint que je ne pouvais tenir ni debout, ni couché. La chaleur était si suffocante que le moindre mouvement m’épuisait. Un orifice servait à évacuer les déjections dans la fosse attenante, dont la puanteur était insupportable et le bourdonnement des mouches obsédant. Dévoré par la vermine et les maringouins, j’occupais mon temps à ruminer des désirs de vengeance et à écouter les chants du village nègre d’où, chaque soir, montaient les chants nostalgiques d’Afrique. Des quinze jours que je passais dans cette cellule de reclus, je ne vis pas un seul visage humain, seulement cette ✋ noire qui m’apportait ma pitance. » Michel Peyramaure (Louisiana)

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