Je te chausse du bon pied

 »-. J’ai travaillé toute la journée dans mon atelier à réparer des godasses. Sans les deux feuilles de cuir, la moitié de notre communauté en serait réduite à marcher pied nus pendant les pluies qui approchent. Réparer des souliers est un travail qui donne presque autant de satisfactions que d’en fabriquer des neufs. On éprouve le contentement du chirurgien qui guérit, sans courir les mêmes risques. J’aime l’odeur du cuir neuf et celle de la colle, il faut toujours que je siffle pendant que j’enfonce des pointes dans un talon, c’est un réflexe conditionné.

Projet 🎏 d’avril, le 🐟- escarpin

La besogne n’est jamais monotone, elle est exempte de préliminaires ennuyeux, comme, par exemple, en menuiserie, où l’on doit préparer le bois en le passant au papier de verre. Transformer un godillot boueux , percé, tordu, plissé, en une bottine luisante, réformée, aussi bonne que si elle était neuve, est une occupation rapide et exaltante. Elle me donne le sentiment d’être un bon magicien. Aucun autre métier ne procure cette joie. Mes pointes entrent dans le cuir comme dans du beurre, et me donnent une sensation de puissance sans effort. Découper une feuille de cuir neuf avec un 🗡️ bien tranchant en suivant le contour du talon me cause un plaisir sensuel et propre. » Arthur Koestler ( La Tour d’Ezra)

2 réflexions sur “Je te chausse du bon pied

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