Juin 1940, mes chers parents…

 »-. Ça vient de Paris. C’est sûrement votre fils. -. Mes chers parents, je me décide à vous donner de mes nouvelles, parce qu’aujourd’hui vous comprendrez combien j’ai eu raison de quitter le village. Je suis sûr que vous serez fiers de moi. La réussite après laquelle je courais depuis longtemps m’a enfin souri. Me voilà aujourd’hui entré au ministère, où je travaille en collaboration avec les nouvelles autorités allemandes, qui m’apprécient à ma juste valeur. Je ne vous parlerais pas de mes activités, car je n’en ai pas le droit. Je tenais à vous faire savoir ceci, si vous avez besoin d’un service ou si quelqu’un vous crée des ennuis, écrivez-moi. Vous saurez alors combien votre fils aîné qui ne vous a jamais oubliés a fait son chemin. Je vous embrasse tous les deux, ainsi que Marie, Louise et François. Signé Guillaume-. Un froid glacial la submergea.

30x40cm  »Les deux Frangins  » collection privée

Le lendemain, elle s’étonna de l’absence de François, d’ordinaire plus matinal. François était parti, elle eut comme un vertige, s’assit sur le lit, aperçut un feuillet sur la table de 🌃. -. Surtout ne cherchez pas à me retrouver. Maman, ne pleure pas, l’Angleterre du général de Gaulle n’est pas si loin, je te promets que je reviendrai-. Nous pouvons être fiers de lui, tu sais-. Et si on nous le tuait ?-. Je ne sais comment te dire, mais aujourd’hui tu vois, j’ai l’impression qu’il nous a redonné l’honneur-. Si seulement je pouvais être sûre de le revoir vivant-. Il reviendra, je suis certain qu’il reviendra-. » Christian Signol (Les menthes sauvages)

3 réflexions sur “Juin 1940, mes chers parents…

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