La vengeance du 🦁 blessé

 »-. À trente-cinq yards à l’intérieur des herbes, le gros 🦁 était aplati tout de son long contre le sol. Il avait les oreilles en arrière et était complètement immobile, à part une légère crispation de sa longue queue dont la touffe noire fouettait l’air de haut en bas. Il s’était tapi dès qu’il avait atteint cet abri, et il était malade à cause de la blessure qui lui traversait les poumons et amenait à sa gueule une mince pellicule d’écume rouge chaque fois qu’il respirait. Ses flancs étaient humides et chauds et il y avait des mouches sur la petite ouverture que les balles blindées avaient faites dans sa peau rousse.

Projet Nos amies les Bêtes, L Comme 🦁

Ses grands yeux jaunes, contractés par la haine, regardaient droit devant eux. Ne scillant que lorsque la douleur apparaissait avec chaque respiration. Et ses griffes labouraient la terre meuble et asséchée. Tout en lui, souffrance, maladie, haine, tout ce qui lui restait de forces, se crispait en une concentration totale en vue d’un bond. Il entendait les hommes parler, et il attendait, rassemblant toute sa vitalité, se préparant à charger dès que les hommes s’engageraient dans l’herbe. Au son de leurs voix, sa queue se raidit et fouetta l’air. Et au moment où ils franchirent la lisière des hautes herbes, il poussa un grognement d’asthmatique et chargea. » Ernest Hemingway (Les neiges du Kilimandjaro)

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