En ouvrant la deuxième porte

 »-. Aucun bruit particulier ne m’est parvenu, et je me suis décidé à ouvrir cette deuxième porte. Après tout, mon admirateur n’avait sans doute pas envisagé que j’arriverais en retard, et s’était retiré dans un coin de la 🏡 où il ne pouvait pas entendre le grelot de la clochette. J’ai tourné la poignée. La lumière venant du hall m’a permis de voir, tant bien que mal, une pièce assez grande. Et, très vite, j’ai pris conscience qu’elle avait un caractère bizarre, qu’elle trahissait des goûts, des appétits morbides.

Circulaire 50x50cm  » J’ai vendu ton âme au 😈 »

Des tentures noires pendaient le long des murs. Elles ressemblaient à celles qu’utilisent les entreprises de pompes funèbres, j’ai cru un moment que je distinguerais aussi un cercueil, au centre de la pièce. Mais il n’y en avait pas. À cet endroit se dressait une table d’ébène et les pieds de cette table étaient des 😈 ricanants. Des diables, d’ailleurs, des simulacres de 😈, j’en ai vu dix, quinze, vingt. Des petits, des gros, sous toutes les formes, sous toutes les effigies. Et puis des boucs à tête humaine, des monstres. Des goules. Des vampires, des sorciers, des sorcières… Ils étaient en marbre. En pierre. En porphyre. En bois. Ils peuplaient cette pièce inouïe comme les gardiens d’un temple magique et redoutable. J’ai voulu me sauver, je n’ai pas pu. Je n’ai pas pu parce que mon regard est tombé sur un chevalet où était déposé un tableau de grand format. Un de mes tableaux. Une scène de sabbat que j’avais peinte, il y a trois ou quatre ans. » Jean-Baptiste Baronian (Faux tableaux)

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