La première Madame Bovary

 »-. Mais ce n’était pas tout que d’avoir élevé son fils, de lui avoir fait apprendre la médecine et découvert Tostes pour l’exercer, il lui fallait une femme. Elle lui en trouva une, la veuve d’un huissier de Dieppe, qui avait quarante-cinq ans et douze cents livres de rente. Quoiqu’elle fut laide, sèche comme un cotret, et bourgeonnée comme un printemps, certes Madame Dubuc ne manquait pas de partis à choisir. Pour arriver à ses fins, la mère Bovary fut obligée de les évincer tous. Et elle déjoua même fort habilement les intrigues d’un charcutier qui était soutenu par les prêtres. Charles avait entrevu par le 💒 l’avènement d’une condition meilleure, imaginant qu’il serait plus libre et pourrait disposer de sa personne et de son 💰.

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Mais sa femme fut le maître. Il devait devant le monde dire ceci, ne pas dire cela, faire maigre tous les vendredis, s’habiller comme elle l’entendait, harceler sur son ordre les clients qui ne payaient pas. Elle décachetait ses lettres, épiait ses démarches, et l’écoutait, à travers la cloison, donner ses consultations, dans son cabinet, quand il y avait des femmes. Il lui fallait son chocolat tous les matins, des égards à n’en plus finir. Elle se plaignait sans cesse de ses nerfs, de sa poitrine ou de ses humeurs. On lui avait bien dit qu’elle serait malheureuse, et elle finissait en demandant quelque sirop pour sa santé et un peu plus d’amour. » Gustave Flaubert (Madame Bovary)

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