Le mari de Madame

 »-. Elle aurait voulu que ce nom de Bovary, qui était le sien, fut illustre, le voir étalé chez des libraires, répété dans les journaux, connu par toute la France. Mais Charles n’avait point d’ambition. Un médecin d’Yvetot, avec qui dernièrement il s’était trouvé en consultation, l’avait quelque peu humilié au lit même du malade. Quand Charles lui raconta, le soir, cette anecdote, Emma s’emporta bien haut contre le confrère. Charles en fut attendri, mais elle était exaspérée de honte, elle avait envie de le battre, elle alla dans le corridor ouvrir la fenêtre et huma l’air frais pour se calmer. -. Quel pauvre homme, quel pauvre homme !-

Projet La minute 🦋, le nœud 🦋

Elle se sentait, d’ailleurs, plus irritée de lui. Il prenait, avec l’âge, des allures épaisses. Il coupait, au dessert, le bouchon des bouteilles vides. Il se passait, après manger, la 👅 sur les dents. Il faisait, en avalant sa soupe, un gloussements à chaque gorgée. Et comme il commençait d’engraisser, ses yeux, déjà petits, semblaient remonter vers les tempes par la bouffissure de ses pommettes. Emma, quelquefois, lui rentrait dans son gilet la bordure rouge de ses tricots, rajustait sa cravate, ou jetait à l’écart les gants déteints qu’il se disposait à passer. Et ce n’était pas, comme il croyait, pour lui. C’était pour elle-même, par expansion d’égoïsme, d’agacement nerveux. » Gustave Flaubert (Madame Bovary)

2 réflexions sur “Le mari de Madame

  1. Ping : Le mari de Madame – Le Vélin et la Plume

Répondre à Marie-Christine Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s