Par une brĂ»lante 🌃 d’Ă©tĂ©

 »-. Une ville livrĂ©e Ă  la plĂšbe n’inspire pas confiance. On emportait le minimum tout en tĂąchant d’en laisser le moins possible. Pendant toute la 🌃, les chandelles brĂ»lĂšrent. On s’affairait, on ficelait, on empaquetait, on sanglait, on harnachait, on chargeait. Les cloches sonnaient Ă  toute volĂ©e pour agiter l’air, chasser au loin les vapeurs charogneuses. On enfumait Ă  tour de bras. Soufre, laurier, sauge, geniĂšvre, tabac, poudre Ă  canon, encens, parfums, toutes les odeurs se mĂȘlaient. Les fortes chevauchaient les douces, les Ăącres enfourchaient les suaves, les lubriques violentaient les saintes. Le sabbat ivre des effluves embrumaient les cerveaux, y faisaient bourgeonner d’hallucinantes visions.

Certains voyaient, en cette brĂ»lante 🌃 d’Ă©tĂ©, flotter la Peste dans l’air des rues sous forme de flammes bleues. D’autres reconnaissaient la Vieillarde sous sa capuche, qui s’esquivait en ricanant dans un boyau de venelle. D’autres encore identifiaient l’homme au manteau rouge que les Tyroliens virent passer en courant lors des Ă©pidĂ©mies de 1649. Ou mĂȘme le 😈 en personne, qui graissa en 1630 Ă  Milan portes et fenĂȘtres de son onguent pestifĂšre. Au matin, on fouetta les 🐎 et la troupe des fugitifs s’Ă©branla vers les portes de la ville oĂč rĂ©gnait dĂ©jĂ  un indescriptible chaos. Ceux qui restaient contemplaient avec des sentiments mĂȘlĂ©s ce gigantesque branle-bas. » Christiane Singer (La mort viennoise)

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