Quand tu souris…

 »-. Bien des années plus tard, quand elle les eut quittés, quand elle eut disparu de leur vie, ce qu’ils se rappelaient d’elle, c’était son sourire. Les couleurs et les traits se perdaient dans les brumes du souvenir. Les yeux étaient bleus, certes. Mais ils auraient pu être verts, ou gris. Et les cheveux, noués à la grecque, ou ramenés en boucles sur le sommet de la tête, étaient-ils châtains, ou brun clair ? Le 👃, lui, était rien moins que grec, cela était avéré, car il pointait vers le ciel. Et la forme exacte de la bouche n’avait jamais eu beaucoup d’importance, ni à l’époque, ni ensuite.

30x40cm  » Le noeud bleu dans les cheveux  », galerie Femmes, Femmes, Femmes

L’essence de ce qui avait été ce visage résidait dans le sourire. Il commençait au coin gauche de la bouche, et flottait un instant, raillant avec impartialité ceux qu’elle chérissait le plus, sa famille y compris, et ceux qu’elle méprisait. Et tandis qu’ils attendaient, mal à l’aise, un lazzi ou une insolence, le sourire gagnait les yeux, transfigurant tout le visage, l’illuminant de sa gaité. Rassurés, ils baignaient dans sa chaleur et partageaient sa folie, et il n’y avait aucune affectation intellectuelle dans le rire qui suivait, faubourien, truculent, charnel. Voilà ce qu’ils se rappelaient après tant d’années. Oubliés les mensonges, les tromperies, les soudains éclats de colère. Oubliées la violence, l’extravagance, la générosité absurde, la 👅 caustique. Seule, sa chaleur demeurait, et sa joie de vivre. » Daphné du Maurier (Mary- Anne)

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