Papa, maman, ma sœur et moi

 »-. Il avait tout décoré des semaines à l’avance, comme chaque année. Sur le guéridon, trônait la crèche, celle-là même que ma soeur et moi sortions de sa boîte plusieurs semaines avant Noël, avant de la disposer avec d’infinies précautions sur le rocher ceint de l’épais papier brun tacheté de blanc, que nous achetions au bazar au coin de la rue. Là-bas, tout le monde nous connaissait. Un papa seul avec ses deux petites filles, ça ne courait pas les rues, à cette époque. Alors, les dames du quartier nous chouchoutaient, nous couvraient de 🎁. -. Je vous ai mis un petit paquet de 🍓, Monsieur Marsac, pour les petites. Et une petite bouteille de vin blanc, pour vous. Faut pas vous laisser aller, hein ! Elle va revenir-.

Projet  »picassez-vous la tête »

Notre maman était partie un matin. Elle s’était levée, avait peigné ses longs cheveux blonds pendant que je la regardais, émerveillée comme chaque fois par cette féminité confondante, ces yeux qui s’étiraient en amande, et qu’elle ornait de khôl, de paillettes, de fards irisés, fronçant légèrement les sourcils devant son miroir en ouvrant joliment la bouche. Silencieuse, j’assistais à ce spectacle maintes fois recommencé, mais dont je ne me laissais pas. Pas plus que de ces histoires de princesses qu’elle nous racontait chaque soir, au moment du coucher. » Adèle Breau (Le marché de Noël)

Une réflexion sur “Papa, maman, ma sœur et moi

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