La rivière Okkerville

 »-. C’était le bout du monde. Et l’expédition eût été sans objet. Mais il y avait une autre raison, ne sachant rien de cette petite rivière tellement lointaine qu’on se demandait si elle appartenait encore à Leningrad, on pouvait imaginer… Un ruisseau vaseux et verdâtre, par exemple, où navigue entre deux eaux un ☀️ trouble. Des saules argentés qui s’inclinent doucement le long des berges luxuriantes. De rousses 🏡 en briques, chapeautées de tuiles. Des passerelles en bois joliment arquées… Un univers paisible, paresseux comme dans un rêve.

Quadriptyque 60x60cm  »Au bord du. Thouet  »

En réalité, il y avait sûrement là-bas des entrepôts et des palissades hideuses… Une méchante petite fabrique qui vomit par jets nacrés ses déchets toxiques. Une décharge qui se consume à 🔥 doux sous des volutes de fumée puante. Ou d’autres gracieusetés banlieusardes, écoeurantes et triviales. Non, mieux valait garder ses illusions. Ne surtout pas aller voir ce qu’il en était. Agrémenter la rivière Okkerville de 🏡 à pignons, l’ombrer de saules chevelus, la peupler de riverains assoupis, coiffés, peut-être, de bonnets à la mode allemande, chaussés de bas rayés, avec de longues pipes de porcelaine entre les dents… » Tatiana Tolstoï (🔥 et poussière)

Une réflexion sur “La rivière Okkerville

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