La vie  »à la russe »

 »-. Et il pense au séminaire, à l’académie ecclésiastique, à la soutenance de sa thèse. Ayant à peine atteint trente-deux ans, il est déjà recteur du séminaire, puis très vite, archimandrite. La vie était alors facile, agréable, semblait longue, si longue. C’est alors qu’il tomba malade, dut, sur le conseil des médecins, tout abandonner et partir pour l’étranger. Et il revoit l’église blanche, toute neuve, où il officiait, vivant à l’étranger, il réentend le bruit de la mer. Et il se souvient de sa nostalgie de son pays, de la mendiante aveugle qui chantait chaque jour sous sa fenêtre des chansons d’amour, en jouant de la 🎸. Huit années s’écoulent, on le rappelle en Russie. Et le voilà évêque, avec tout ce passé évanoui dans la brume comme un songe lointain…

À l’étranger, il s’était, sans doute, déshabitué de la vie russe, à son retour, elle ne lui parut pas facile. Le peuple lui semblait grossier, les femmes qui venaient le solliciter ennuyeuses et stupides, les séminaristes ignorants et parfois grotesques… Il ne pouvait pas s’habituer à la crainte qu’il inspirait, sans le vouloir, en dépit de sa nature calme, modeste… Depuis si longtemps qu’il était ici, pas un homme ne lui avait parlé avec sincérité, avec simplicité, comme un homme à un autre homme. Même sa vieille mère n’était plus la même, plus du tout la même ! » Anton Tchekhov (L’Évêque)

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