La messe du dimanche

 »-. Neuf heures ! À Aubigny, les cloches sonnent à toute volée. Leur voix vibrante jaillit du clocher en torrents d’ondes frémissantes qui s’enflent et roulent par la campagne. Puis elles se taisent et, pendant quelques secondes encore, l’air sonore de la vallée demeure tout agité d’un bourdonnement confus. Dans le chemin, les femmes endimanchées trottinent par petits groupes bavards. Jeunes filles au frais visage sous la haute coiffe tuyautée, rires éclatants qu’accompagne le claquement sec des délicats sabots vernis. Vieilles paysannes au pas menu, au corps plié en deux sous la cape noire, qui vont péniblement, les brides du bonnet flottant sur leur dos rond. Elles se hâtent, ces pauvres vieilles, autant que peuvent le leur permettre des jambes affaiblies et douloureuses.

Puis viennent les paysans en blouse de percale bleue, les bras ballants dans les amples manches, le large 🎩 de feutre noir descendu sur les oreilles. Moins empressés que les femmes parce que moins convaincus, ils assistent à la messe surtout pour faire comme tout le monde. Ils savent aussi que, l’Office terminé, ils fileront à l’auberge où ils pourront jouer et causer avec leurs amis jusqu’à la 🌃. Ils rentreront les derniers à l’église et se tasseront sous les cloches. Ils sortiront les premiers, contents de dégourdir leurs jambes qu’une heure d’immobilité aura lassées. » Germain Fallon (L’ouche aux brebis)

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