Mon petit manuel de survie siglé Christine

50x70cm  »Ode à la terre  », poème de Clara

-. Pour faire de grandes choses, il faut vivre comme si on ne devait jamais mourir-. Cette phrase, citée de mémoire, d’André Malraux, a enchanté mon adolescence, je ne savais guère alors à qui ni à quoi je me référais… Puis elle a sublimé mon âge mûr, alors que j’avais tout mon temps pour faire de grandes choses. Les cheveux blancs sont là, avec les rides et quelques illusions, l’enthousiasme est toujours de rigueur, je fais des projets, les explique, les développe. Et même je les mets en actions si la faisabilité s’y prête…

50x50cm  »La cueillette des fleurs  », vendu

J’expliquais à mes adhérents de L’Atelier de peinture l’opportunité d’un énième projet -indispensable à la fois pour la promotion de la culture en milieu rural et la cohésion de notre petit groupe d’artistes. Soudain, je m’arrête en plein élan, frappée par le fait que les projets à court terme verront probablement le jour, si les autorités compétentes ne les freinent pas. Ceux à moyen terme, c’est déjà un peu moins sûr. Quant aux projets à long terme… -. Continue-, me dit Thierry, lui-même largement retraité, lequel fourmille de mille projets artistiques, familiaux, musicaux, et a entrepris de rénover sa 🏡 de famille de la cave au grenier -. Moi, j’ai des projets pour les vingt ans à venir, certains ne se réaliseront pas, mais ils sont importants en leur seule qualité de projet, ils ont le mérite d’exister et de me tenir à ❤️…-. Bien vu, et bien dit, haut les coeurs !

40x30cm  »La petite 🏡 d’ Evelyne », galerie La meilleure façon d’habiter

Mon conseil. Qu’est-ce que la vie, si ce n’est la survie, au jour-le-jour, agrémentée de cette petite lueur d’espérance qui nous fait sauter du lit le matin, se lever le ☀️, briller les yeux des femmes, chanter les 🐦. En dépit de la guerre, des interrogations politiques, des contraintes sanitaires et du prix de l’essence, de l’orthographe qui défaille et du torchon qui brûle –vous avez oublié le réchauffement climatique, ma bonne dame – restons debouts, confiants, dignes. Restons vivants.,

Le pirate

 »-. Le déguisement m’a pris le reste de l’après-midi. Je me suis collé de vraies moustaches, et une barbe authentique. J’ai caché un de mes yeux bleus sous un morceau de cuir noir, dont le lacet loqueteux portait la trace de mes blessures. Une goutte d’atropine dans l’œil resté vivant dilata la pupille, et rendit mon regard sombre et méconnaissable. J’ai plié la jambe gauche et, avec les restes d’un brassard, j’ai attaché ma cheville sous mes fesses. Une fois le pantalon noir enfilé, j’ai serré autour de ce moignon les courroies de mon pied en bois.

Projet picassez-vous la tête

Le tricot de marin couvrant ma poitrine meurtrie était suffisamment sale. En revanche, le justaucorps de brocard aux boutons en argent et broderies en or, récupéré auprès d’une troupe de théâtre qui avait donné des spectacles d’opéra dans notre petite ville, je l’avais lavé et tant bien que mal repassé. Le vieux tricorne à tête de mort avait appartenu à ma mère, qui se demandait encore où elle l’avait égaré. Tout comme le baudrier dû à la mode des ceintures très larges d’il y a quelques années. Une épée napoléonienne achetée aux Puces s’y trouvait attachée. Et le bruit qu’elle faisait dans son fourreau trop large ne passait pas inaperçu, cette fois-ci les circonstances exigeaient un peu de retenue. Je l’ai sortie et je l’ai prise entre les dents, ce qui était, peut-être, je le reconnais, exagéré.’‘ Virgil Tanase (Le bal sur la goélette du Pirate aveugle)

Des voix par ci, des voix par là

 »-. La voix, elle, est un certain son de l’être animé. Aucun des êtres inanimés, en effet, ne possède la voix. C’est seulement par analogie que certains sont dits avoir une voix. Tel est le cas de la flûte, de la lyre et de tous les autres êtres inanimés qui ont registre, son musical et langage. Ils semblent, en effet, doués de voix, parce que la voix possède aussi ces caractères. Mais, en outre, un grand nombre d’animaux n’ont pas de voix, par exemple ceux qui n’ont pas de sang. Ni même, parmi ceux qui ont du sang, les 🐟.

40x50cp  »La musique des anges  »

Et cela est rationnel, s’il est vrai que le son est un certain mouvement de l’air. Quant aux 🎏 qui, dit-on, possèdent une voix, en réalité, ils émettent seulement des sons par leurs branchies, ou par quelque autre organe de ce genre. Or la voix est le son rendu par un animal, mais non pas au moyen de n’importe quelle partie de son corps. Mais puisque toute chose sonore émet des sons, par le choc de quelque chose contre quelque chose et en quelque chose, qui est l’air, il est rationnel que seuls possèdent la voix les êtres qui reçoivent l’air en eux. » Aristote (De l’âme)

Petits arrangements entre époux

 »-. Avec Mariette, je ne sais quoi me paralyse. Sa fleur d’oranger, le passage à l’église, le 💒 même. Un reste de soumission à ses fins qui rendent la mise à plat de l’épouse un peu rituelle et, surtout au départ, s’accommodent moins bien de précautions que les culbutes d’une petite amie. Pourtant, l’épouse est quotidienne, donc plus exposée. Et, pour qui désire installer d’abord son ménage, assurer ses finances, pour qui ne veut pas d’enfant du hasard, c’est dès la première 🌃, la première étreinte… Que dis-je, c’est à la porte qu’il faut s’entendre sur le choix de la méthode et sur le mode d’emploi. Si vous ne l’avez pas fait tout de suite, ça ne sera pas plus facile demain.

Mais comment donc s’arrangeaient nos grands-pères qui, si longtemps, protégeant l’héritage, pratiquèrent avec nos pieuses grands-mères une sage limitation des rejetons ? Je ne me voyais pas, disant à Mariette, dépouillant sa 👗 blanche. -. Voyons, ma chérie, qu’allons-nous employer ? Quel préservatif ? Si tu ne veux pas, dis-moi au moins où tu en es dans ton calcul Ogino. Quoi ? Ce n’est pas le bon jour, il faut attendre une semaine ? Eh bien, qu’à cela ne tienne, attendons, remettons notre 🌃 de noces à mercredi en huit, puisque ce jour-là, tu seras sûrement infertile-. Impraticable, vraiment. On se dit. – Après tout, nous n’avons pas d’enfant. Un peu plus tôt, un peu plus tard…- » Hervé Bazin (Le matrimoine)

60x80cm  » Adam et Ève  »

 » Juste pelure fait belle peinture… »

-. Voilà un challenge fait pour moi-, me dis-je, en découvrant le sujet de l’Agenda ironique, sur lequel plancher durant le mois d’octobre, avec la complicité du toujours jeune et beau Flying Bum qui fait ainsi son grand retour. Bref, La beauté, disais-je… En un mot, tout est dit. Quel peintre n’a tenté de la poursuivre, à coups de ✏️, de pinceau, de 🔪, à grand renfort de couleurs, de dégradés, de petits trucs et de grandes astuces. Du plus grand maître de la Renaissance italienne, passé à la postérité pour ses portraits de nanas à vous couper le souffle, à la modeste barbouilleuse du dimanche que je suis, laquelle trace à l’arrache sans se vraiment soucier d’anatomie, tous et toutes s’y essayèrent. Si peu y réussirent…

50x60cm  » La nana en blouse rose »
40x60cm  »La femme -mystère »

La Belle fait de l’œil, elle nargue autant qu’elle inspire. Comment reproduire son teint de 🍑, son nez aquilin, sa lourde chevelure, son oeil bleu ombragé de longs cils, son cou de cygne, ses petits seins pointus que cachent si peu ses dentelles indiscrètes ? Subtile, elle se cache dans des bouclettes dorées, un grain de beauté bien placé, une taille fine, un buste avantageux, des jambes galbées, une silhouette de déesse, un ❤️ pur, une haleine fraîche et des dents bien alignées. Une oeillade assassine, un port de tête, une attitude, campés dans un décor en clair de 🌙. Un léger voilage pour masquer sa nudité, et le tour est joué…. Devant son chevalet, Le peintre traque La Belle, il la reproduit à l’infini, s’acharne, s’épuise, en perd le sommeil, le boire et le manger. Son insatisfaction artistique est à la mesure de la vanité de ses efforts. La beauté, qu’elle soit Belle, Fleur, Paysage, se dérobe, se joue de l’artiste, lui fait un pied de nez, lasse sa patience, prend son âme…

40x40cm  »Ma Doudou  »
Projet picassez-vous la tête

Mon conseil. Peintre, pourquoi vouloir copier les beautés de la Belle, que ton coup de pinceau jamais n’égalera ? Un peu de modestie, que diable ! Il existe tant d’autres sujets. De thèmes, de compositions, de combinaisons de toutes formes et sortes sur lesquels t’essayer. Pour exercer ton modeste talent, médite donc le proverbe suivant, que pour toi je viens tout juste d’inventer et qui met le point final à ce modeste essai. -. Juste pelure fait belle peinture -.

50x70cm  » Portrait de famille  »
50x40cm  » Cinquante nuances de femme  », vendu

L’adieu à Constantinople

 »-. Deux jours plus tard, la nef génoise quitta le port, en même temps que plusieurs autres bâtiments. En voyant s’éloigner les pontons, où se tenaient les prêtres venus bénir et encenser les nerfs lors de leur départ, Flaminia avait éclaté en sanglots. Elle laissait son âme dans l’admirable ville à laquelle il lui avait fallu s’arracher… Le port, les coupoles dorées, les toitures argentées, les frontons des palais, les 🏡 aux façades colorées, les murailles de brique et de pierre surplombant la mer, les dômes altiers et protecteurs de Sainte-Sophie qui étincelaient dans la froide lumière matinale, tout lui était devenu cher, et tout était perdu !

50x60cm  »Bons baisers d’Istanbul  »

Dans son corps, dans son ❤️, elle sentait se produire une lente, longue, irréparable déchirure. La trame de sa vie était entamée, lacérée, tranchée par des griffes sans pitié qui s’acharnaient… Sur le plus beau promontoire du monde, elle laissait la dépouille de celle qui l’avait élevée, qui était devenue sa véritable mère depuis la disparition, engloutie dans la 🌃 immémoriale, de la femme sans visage qui lui avait donné le jour. Elle y abandonnait aussi l’homme dont le seul souvenir déchaînait en elle les folles rafales d’un amour ébloui… Enveloppée dans son manteau de laine blanche doublée d’agneau gris, elle enroula son voile autour de son visage afin de pleurer tout son soûl. » Jeanne Bourin (Les Pérégrines)

La Belle Province

 »-. Les forces en présence étaient inégales. L’armée de Wolfe se composait de soldats de métier, vêtus d’uniformes impeccables, solidement armés. Celle du marquis de Montcalm comportait, outre les troupes régulières correctement équipées, des corps de miliciens mal vêtus, armés de bric et de broc, plus familiarisés avec les escarmouches qu’avec la guerre. Les effectifs étaient à peu près égaux de part et d’autre. Les trois mille hommes de Bougainville eussent fait pencher le sort de l’engagement en faveur des Canadiens, mais l’horizon du fleuve restait désespérément vide.

Projet 🎏 d’avril, le 🐟 guerrier

À peine les rangs étaient-ils formés, le combat s’ouvrait par des canonnades qui creusaient des sillons sanglants de part et d’autre, par des fusillades nourries qui couchaient les soldats comme des javelles. Un magma de sang et de 🔥. Un 🌋 dont la lave coulait, rouge. Touché à la poitrine et au poignet, le général Wolfe restait droit sur son 🐎, soudain à bout de force, il vida les arçons et se retrouva dans l’herbe au milieu des cadavres et des blessés. Il était mort, Wolfe avait trente-deux ans. Monsieur de Montcalm ne survécut qu’une journée à ses blessures et à son désespoir. Cela lui évita l’humiliation de signer l’acte de rédhition de la ville. Montréal devait capituler dans les jours qui suivirent. La France venait de perdre ce qu’elle appelait sa Belle Province. » Michel Peyramaure (Louisiana)

Lisez-vous des romans policiers ?

 »-. Remarquez bien ceci. Dans le récit intitulé Scandale en Bohème, où Sherlock Holmes rabroue le docteur Watson en prononçant ces paroles à jamais fameuses. -. Vous voyez, mais vous n’observez pas-, dans ce récit, donc, le déguisement dans lequel Holmes s’est caché est percé à jour. Par une femme. Par cette Madame Irène Adler dont on dit que, par la suite, il ne l’appela jamais que La Femme. Et parce que son déguisement a été percé à jour, Sherlock Holmes échoue dans cette aventure. Parfois, il échoue. Oui, le grand Monsieur Sherlock Holmes pouvait échouer, et c’est dans cet échec que résidait sa force native -.

Projet La minute 🦋, le 💷 des 🦋

-. Ces fragments de simple divertissement que nous lisons ont en fait beaucoup plus d’importance que la nature même des 💷 pourrait le laisser supposer. En un sens, ce sont bien des lectures faciles, oui. Des œuvres d’imagination destinées à distraire. Mais ce sont aussi, avec ou sans la connivence de leurs auteurs, beaucoup plus que ça. Que sont donc ces histoires toutes simples ? Ce ne sont rien moins que des constructions profondément symboliques. Leurs héros sont purement mythiques, bien qu’à la longue le mythe se dilue. Mais leurs histoires sont celles de la lutte éternelle entre le Bien et le Mal. Des récits dans lesquels l’arme du Bien entre les ✋ du grand Détective est au moins pour moitié la Raison. Et pour moitié bien sûr, aussi, l’intuition, la vision du poète…-  » HRF Keating (Un cadavre dans la salle de billard)

C’est l’histoire d’un pot de colle d’un litre qui…

50x50cm  »451 degrés Fahrenheit  » -plus de papiers que de peinture… J’utilise de la colle à papier peint bien épaisse, elle me sert aussi de vernis de finition. La toile est collée sur un carton fort, avec ledit pot de colle d’un litre… –
40x40cm  » La Belle que voilà – là encore, festival de cheveux, décor, guêpière en dentelle et 🎀 collés –

… Lequel pot m’a été donné, à fins de recyclage, à peine entamé. L’étiquetage en dit grand mérite, bien qu’il soit sans doute sujet à des vapeurs toxiques, son contenu serait susceptible de faire adhérer fortement plusieurs matériaux jusqu’alors récalcitrants. Voilà qui tombe à point, j’adore les colles. Car, au petit bonheur du peintre barbouilleur, il existe plusieurs colles, la colle colorée qui scintille et pétille, celle qui colle aux doigts, celle qui tache, celle qui colle à peine, celle qui brûle tout sur son passage, celle qui vous colle à votre chevalet, etc… Et même celle qui colle à l’âme, mais sur ce point glissons…

60x60cm Dites-le avec des fleurs, vendu -du collage, avec des petits carrés de papier 🎁 et un vrai col en dentelle –
40x40cm  »La tempête  » -voiles blanches et ciel nuageux tout en dentelles collées, attention aux débordements –

Mon généreux donateur m’a gâtée, voici une matière visqueuse prometteuse et odoriférante, à laquelle je vais trouver emploi. J’ai depuis longtemps le projet de dépasser le stade pictural pour envisager une oeuvre en plusieurs étapes, à la fois toile, cadre et récit. Mais, pour ce faire, il faut coller les différents morceaux, tissu, papier, strass, trucs et machins. La colle qui colle bien, sans tacher ni gondoler, permet des superpositions étonnantes. J’ai ainsi pu, et je pourrai encore davantage, me lancer dans des réalisations plus ambitieuses, aller plus loin dans mes idées.

60x80cm  »Contes d’hiver dans la forêt de Brocéliande  ». -pas de colle, on se contente de maroufler le papier de soie dans la peinture de fond, bleu en l’occurrence, encore fraiche-
55x55cm  » Dans les jardins du Sultan  » -grosse opération  »collage » pour intégrer asymétriquement sur un support en carton des petites toiles de dimensions différentes-

Mon conseil. – . La colle se manie avec précaution. Aux enfants, on réserve la colle blanche, sans saveur ni odeur, qui tient à peine ses promesses, et surtout on leur enseigne à bien s’en servir. Aux adultes, on fait confiance à leur sens critique, tout en leur donnant des précisions sur le temps de collage, les éventuels débordements, les erreurs les plus flagrantes. -. Il existe tant de catégories de colles que l’artiste qui se lance dans la réalisation d’une oeuvre à base d’incrustations a tout intérêt à utiliser le pot qui a déjà fait ses preuves, et à s’y tenir pour condenser ses efforts. Choisissez bien, testez, essayez, puis lancez-vous ! Ça colle ?

30x30cm  »L’or bleu »-les perles d’eau, qui sont en fait de vulgaires décorations de Noël en demi-sphères, sont collées une à une avec une goutte de glu extra forte
50x60cm  »Rideau  » -.que faire lorsque l’opération collage rate ? On agrafe discrètement en haut du support.-

La hutte en rondins

 »-. Il y avait une 🏡 construite en rondins, où le mortier mettait des crevasses blanches, sur la colline surplombant le lac. Fixée à un poteau près de la porte, une cloche servait à appeler les gens aux heures des repas. Derrière la 🏡, il y avait des champs, et derrière les champs, les coupes de bois. Une rangée de peupliers de Lombardie courait de la hutte jusqu’au bassin. D’autres peupliers bordaient la pointe. Derrière la colline, un chemin grimpait à la lisière de la futaie, et tout le long de cette route, on cueillait des mûres. Puis la hutte de rondins avait brûlé et tous les fusils pendus aux pieds-de-biche installés au-dessus de l’âtre avaient été brûlés.

40x40cm « La petite maison dans la prairie« , galerie La meilleure façon d’habiter

Et après, les canons, les magasins pleins de plomb fondu et le stock de cartouches calcinées gisaient sur le tas de cendres qui servait à fabriquer la soude pour les grandes chaudières où l’on faisait le savon. On demandait à grand-père si on pouvait les avoir pour jouer avec, et il répondait -. Non-. Vous comprenez, c’étaient toujours ses fusils, et jamais il n’en avait acheté d’autres. Et jamais plus il n’avait chassé. La 🏡 avait été construite à la même place, en bois de charpente cette fois, et peinte en blanc. Et, du seuil, on apercevait les peupliers et le lac au-delà. Mais il n’y eut plus jamais de fusils. Les canons de fusils qui avaient été accrochés aux pieds-de-biche sur le mur de la hutte en rondins gisaient là, sur le tas de cendres, et personne n’y touchait. » Ernest Hemingway (Les neiges du Kilimandjaro)