Processions

 » Dehors, sur le pays de Forcalquier, maintenant délivrée de la lune mais habitée par les étoiles, la nuit était peuplée d’humains par paquets que signalaient des flambeaux. Ils cheminaient en hâte vers les sommets, ayant auguré que l’air qui y régnait les protégerait de la contagion.

C’étaient des processions qui escaladaient les pentes de Lure, venant de tous les pays atteints par la peste. Elles étaient visibles sur toute l’étendue de la montagne, sur toute sa hauteur. Certaines de ces processions cheminaient vers les Saint- Roch de campagne dont les chapelles n’étaient même pas consacrées et que l’on construisait encore. C’était le grand instinct de l’humanité, laquelle, lorsqu’elle ne sait plus à quel saint se vouer, croit monter vers Dieu en gravissant les sommets.

70x50cm Procession Vendu
70x50cm Série »Procession » Vendu (Galerie Chemins de spiritualité) Verrons-nous, pandémie de coronavirus oblige, de longues files de pèlerins, flagellants et repentants, suppliant Dieu et Diable d’épargner leurs vies et leurs biens ? Il faudrait que, pour cela, notre siècle gagna en spiritualité, à défaut de gagner en raison…

Là-haut, contre le ciel dont elle occupait tout un quartier, la grande Ourse s’allongeait sur Lure la scintillante. Elle avait semé en route l’importune comète qui la défigurait depuis des semaines. Celle-ci voguait maintenant entre Orion et le Taureau, désorientée, semblait-il. Horizontale, étirée dans sa plus grande longueur et nonchalamment alitée Lure, la constellation de l’hiver paraissait contempler avec curiosité cette vaine agitation des hommes.  » Pierre Magnan (Chronique d’un château hanté)

Peindre l’hiver en grelottant

Avis aux amoureux du froid, de la neige, des grands espaces d’un blanc manteau revêtus, avis aux adeptes des sports d’hiver, de la glisse et de la goutte au nez… Oserais-je avouer que je n’aime guère l’hiver, ses températures négatives et ses nuits sombres, son amoncellement de lainages et ses radiateurs qui ne chauffent jamais assez ? Pourtant me voilà servie, et mon imagination mise à contribution, pour une exposition -concours qui se profile à l’horizon.

40x50cm Le Grand Blanc
30x40cm « Le grand blanc » (Galerie Les Clins d’oeil de Dame nature) Ce tableautin, du fait de ses dimensions modestes, ne saurait suffire…il me faut envoyer du  »lourd », du format, du sérieux….sur le thème imposé : « A l’aide de vos pinceaux, couleurs, de vos yeux ou de votre imagination, faîtes-nous découvrir ce que VOUS inspire L’HIVER »

Donc, pour l’instant, l’hiver ne m’inspire pas grand chose…Je ne peux toutefois me défiler sur ce rendez-vous annuel. C’est un défi, un challenge dans lequel je compte bien, comme d’habitude, embarquer mes élèves les plus motivés de l’atelier du jeudi. Au travail ! Lequel commence, à défaut d’idées mirobolantes, par déterminer le titre de chacune des deux oeuvres à présenter. Là, ça va tout seul : j’opte pour  »Tombe la neige » et  »La légende de la Fée Babouchka’‘, avec une petite idée en tête. Ce point de détail réglé, il me faut, pinceau en main, passer à l’illustration, avant que n’arrive le printemps qui détruirait mes frileuses sensations. Je vais d’abord bricoler les fonds, dans une gamme de tons froids, puis réfléchir…rapidement. La suite (peut-être, bon disons sûrement) dans une prochaine chronique… A bientôt !

Les animaux merveilleux du Livre des Merveilles

 »Mogadiscio est une terre humaine à environ mille milles de l’île de Socotra, au large de la Somalie. en navigant entre sud et sud-ouest. ../…Sachez qu’en tout l’autre monde, ne se vendent ni ne s’achètent autant de dents d’éléphants comme se fait en cette île et en celle de Zanzibar, et le nombre est chose incroyable.

Ils ont assez d’ambre, car en cette mer, il y a baleines en grande abondance, et encore il y a assez de cachalots. Et, comme ils prennent assez de ces baleines et de ces cachalots, ils ont ambre en grande quantité. Et vous savez que la baleine fait ambre… Sachez très véritablement qu’en ces autres îles qui sont en grande quantité vers le Midi, et où les bateaux ne vont jamais volontairement à cause du courant qui règnent en ces régions, disent les hommes qui ont été là-bas, qu’on y trouve de très terribles oiseaux- griffons. Et disent que ces merveilleux oiseaux, venant du Midi, à certaines saisons de l’an. Mais sachez qu’ils ne sont nullement faits comme nos gens d’ici le croient ou comme nous les faisons représenter, en disant qu’ils sont mi-oiseaux et mi-lions. Selon ce que content ceux qui les ont vus, ce n’est pas la vérité…Ils disent que c’est fait exactement comme un aigle, mais démesurément grand.

50x70cm Loeil de l'aigle
50x70cm « L’oeil de l’aigle » (galerie Bestiaire) –Au Moyen-Age, l’Orient est pour le monde occidental une source de rêve et d’aventures, de ces lointains territoires proviennent coûteuses épices et tissus précieux. De tous les aventuriers européens poussés vers ces nouveaux horizons par la curiosité, l’ambition ou le désir de faire fortune, Marco Polo le Vénitien (1252-1324) est le plus illustre.

Je vous deviserai un peu de ce que disent ceux qui l’ont vu, et aussi de ce que j’en ai vu. Ils disent qu’il est si grand et si puissant qu’il prend un éléphant et l’emporte en l’air bien haut sans l’aide d’un autre oiseau, puis le laisse choir à terre. Si bien que l’éléphant se défait tout. Alors, l’oiseau-griffon descend sur lui, le déchire, le mange et s’en repaît à discrétion. Ceux qui les ont vus disent que certains sont si vastes que les ailes ouvertes courent plus que trente mètres, et que ses pennes d’ailes sont longues de douze mètres. Et elles sont très grosses, comme il convient à leur longueur ». Marco Polo, extrait du chapitre 10, Le Livre des Merveilles

Du plus vrai de toi-même

 »Un saut de puce comme une brouette dansant sur les genoux des pavés Une puce qui fond dans un escalier où je vivrai avec toi Et le soleil pareil à une bouteille de vin rouge S’est fait nègre. Esclave nègre fustigé Mais je t’aime comme le coquillage aime son sable Où quelqu’un le dénichera quand le soleil aura la forme d’un haricot Qui commencera à germer comme un caillou montrant son coeur sous l’averse Ou d’une boîte de sardines entr’ouverte Ou d’un bateau à voiles dont le foc est déchiré.

Je voudrais être la projection pulvérisée du soleil sur la parure de lierre de tes bras Ce petit insecte qui t’a chatouillée quand je t’ai connue. Non. Cet éphémère de sucre irisé ne me ressemble pas plus que le gui au chêne. Qui n’a plus qu’une couronne de branches vertes Où loge un couple de rouges -gorges.

Je voudrais être Car sans toi Je suis à peine l’interstice entre les pavés des prochaines barricades. J’ai tellement tes seins dans ma poitrine Que deux cratères fumants s’y dessinent comme un rêve dans une caverne Pour te recevoir comme l’armure reçoit la femme nue ». Benjamin Perret 1899-1959 (Feu Central)

Inclination 40x50cm Vendu
40x50cm « Inclination », poème de Clara Dupard,Vendu (Galerie Femmes Femmes Femmes) Pour illustrer un texte difficile, auquel les accents d’écriture automatique donnent force et expression, un portrait de femme au plus profond d’elle-même…Paul Eluard disait de Benjamin Perret: « Il est plus grand poète que moi… »

Promenons-nous sur le sentier du douanier

Article 1. –Sera réputé bord et rivage de la mer tout ce qu’elle couvre et découvre pendant les nouvelles et pleines lunes, et jusqu’où le grand flot de mars peut s’étendre.

Article 2 . -Faisons défense à toute personne de bâtir sur les rivages de la mer, d’y planter aucune pierre, ni laisser aucun ouvrage qui puisse porter préjudice à la navigation. Ordonnance de Colbert, ministre de Louis XIV, datée de 1681

Il a, certes, été détourné de sa vocation administrative, toutefois le sentier du douanier ceinture toujours les côtes bretonnes et fait le bonheur des promeneurs et randonneurs. Ambiance iodée et efforts physiques bienvenus, retour à la nature garanti et safari-photo voire selfies obligatoires…, la réhabilitation et l’aménagement de ses petits sentiers souvent escarpés sont désormais dans l’air du temps, pour raconter ses vacances, dominer les criques, deviner les ports, apercevoir les forts, se saouler de grand vent. Promenons-nous sur le sentier du douanier et prenons-y une grande bolée d’air, c’est gratuit … Et tellement vivifiant !

60x80cm Les Petits bateaux qui sont sur l'eau, vendu
80x60cm « Les P’tits bateaux qui sont sur l’eau », Vendu (Galerie Laissez-moi vous conter la mer) Ah, qu’elle est belle notre côte bretonne, ne la salissons pas, ne la bâtissons pas, laissons à la postérité le plaisir de se promener sur le sentier du douanier…

La guérison par les fleurs

« La vie ne réclame pas de nous un incroyable sacrifice. Elle nous demande seulement d’effectuer le voyage avec la joie au coeur et de répandre les bienfaits autour de nous, de sorte que si nous laissons le monde un tout petit peu meilleur par notre passage ici-bas, nous aurons bien accompli notre tâche.  » Edward Bach (1886-1936)

Quel est donc ce docteur E. Bach, à ne pas confondre avec le fameux compositeur allemand ? Son histoire pourrait commencer ainsi : il était une fois un médecin anglais qui eut le courage de remettre en cause ses connaissances scientifiques, pour découvrir et expérimenter une méthode de soins naturelle. Son aventure perdure, car les élixirs qu’il a mis au point il y a un siècle déjà connaissent un succès grandissant de par le monde.

 »La maladie importe peu, ce qui compte, c’est le patient. Les plantes de guérison sont donc celles auxquelles pouvoir a été donné de nous aider à préserver notre personnalité.  » Partant de ce postulat, le marronnier rouge ou l’hélianthème s’attaqueront à la peur, la violette d’eau et la bruyère à la solitude, le saule et l’étoile de Bethléem au découragement, la gentiane et le plumbago à l’incertitude, la clématite et le chèvrefeuille au manque d’intérêt pour le présent, la verveine et la chicorée à la sensibilité excessive à la vie des autres, l’aigremoine et la petite centaurée à l’hypersensibilité, j’en passe, et des meilleures… on l’aura compris, la guérison par les fleurs intéresse surtout le mal de l’âme, encore que tout un chacun puisse y trouver son miel. Garanties sans effets secondaires, sans contre-indications, les fleurs de Bach seraient-elles le remède aux maux de notre siècle?

Fleurs d'ailleurs
50x50cm « Fleurs d’ailleurs » (Galerie Dites-le-avec des fleurs) Le docteur Edward Bach a mis au point trente-huit élixirs floraux. Sa méthode est simple, déposer certaines parties de la plante dans un bol d’eau de source, laisser reposer au soleil. L’eau s’imprègne alors des vibrations énergétiques de la plante.

Le parfum de la dame en blanc

 » Jusqu’à ce jour, je n’avais jamais vu ni M, ni Mlle Stangerson. J’étais assis dans le salon qui précède le salon des Ambassadeurs et, las d’avoir été bousculé par tant de nobles personnages, je me laissais aller à une vague rêverie, quand je sentis passer le parfum de la dame en noir. Vous me demanderez :– Qu’est-ce que le parfum de la dame en noir? Qu’il vous suffise de savoir que c’est un parfum que j’ai beaucoup aimé, parce qu’il était celui d’une dame, toujours habillée de noir, qui m’a marqué quelque maternelle bonté dans ma première jeunesse. La dame qui, ce jour-là, était discrètement imprégnée du parfum de la dame en noir était habillée de blanc. Elle était merveilleusement belle.

Je ne pus m’empêcher de me lever et de les suivre, elle et son parfum. Un homme, un vieillard, donnait le bras à cette beauté. Chacun se détournait sur leur passage, et j’entendais que l’on murmurait : -C‘est le professeur Stangerson et sa fille. C’est ainsi que j’appris qui je suivais. Ils rencontrèrent M. Robert Darzac que je connaissais de vue.

Il faisait ce soir-là un temps très doux. Les portes sur le jardin de l’Elysée étaient ouvertes. Mademoiselle Stangerson jeta un léger fichu sur ses épaules et je vis bien que c’était elle qui priait M. Darzac de pénétrer avec elle dans la quasi-solitude du jardin. La nuit était obscure, l’herbe étouffait mes pas. Ils étaient arrêtés dans la clarté vacillante d’un bac de gaz et semblaient lire quelque chose qui les intéressaient fort. – Le presbytère n’a rien perdu de son charme, ni le jardin de son éclat! Et ce fut dit sur un ton à la fois si railleur et si désespéré, et suivi d’un éclat de rire si nerveux, que je crois bien que cette phrase me restera toujours dans l’oreille. Mais une autre phrase encore fut prononcée, celle-ci par M. Darzac : –Me faudra-t-il, pour vous avoir, commettre un crime ? » Gaston Leroux (Le mystère de la chambre jaune, 1907)

50x50cm Les vitraux de la chapelle SteRepentance
Comment peut-on commettre un crime dans une chambre fermée à clé, sans que l’assassin ne laisse aucune trace de son passage, puis prenne la fuite ? C’est à cette énigme, apparemment insoluble, que s’est attaqué l’écrivain Gaston Leroux, devenu très populaire grâce à ses romans d’aventure et de mystère. Mystère, vous avez dit mystère ?

Spécial mode…petite cure de jouvence pour fringues délaissées

Je ne m’habille pas, je me « fringue », en tenant compte de mes qualités et défauts. Mes handicaps sont multiples, je suis une dame déjà âgée, j’habite la campagne, je ne suis pas une fan de mode, je suis du genre économe. Mes atouts sont minces, mais suffisants pour passer à l’acte : poids-plume, passionnée de couleurs, décomplexée, et surtout créative.

Tout cela suffit-il à faire un vestiaire? La réponse est oui, sachant que ledit vestiaire se trouve chez « les autres ». Je récupère volontiers des vêtements, souvent de qualité, dépassés, mal assortis, trop petits, trop grands, trop courts, trop larges, trop vus, mal aimés donc délaissés. C’est gratuit, sans danger pour l’avenir de la planète ni de mon porte-monnaie. Reste à me mettre au boulot, vite-fait-bien-fait, sachant que je n’ai aucune notion de coupe ni de couture, je ne possède pas de machine à coudre et mon matériel tient dans une boîte à chaussures. Circonstances aggravantes, je ne suis ni patiente, ni méticuleuse. Donc je transforme avec peu, une épingle, trois fronces, deux rubans, quatre coups de ciseaux crantés, un morceau de dentelle, j’ajoute ou je retranche une manche, un volant par-ci, par-là. Mes robes sont comme mes tableaux, j’en ai toute une galerie…

Pour ceux et celles que cela tente, regarder d’un oeil de styliste la pièce à déconstruire, la première idée est souvent la bonne. Puis se lancer, sachant que les pièces sacrifiées, car il y aura forcément quelques ratés, seront recyclées en chiffons…à peinture ! Dernier conseil, le linge fraîchement lavé se place sous la pile de vêtements, cela permet de  »faire tourner » son vestiaire…

christine nova-larue
Grand genre et petits moyens lors d’une démonstration en public…revêtue d’un ensemble bariolé style artiste, tout de même un peu retouché… En provenance du vide-dressing très bourgeois de mon amie Monique. Zéro euro, zéro déchet…

Tea time

« Miss Hellen, versez-moi le thé, Dans la belle tasse chinoise, Où des poissons noirs cherchent noise Au monstre rose épouvanté. – J’aime la folle cruauté Des chimères qu’on apprivoise, Miss Hellen, versez-moi le thé Dans la belle tasse chinoise. – Là, sous un ciel rouge irrité, Une dame fière et sournoise Montre en ses longs yeux de turquoise L’extase et la naïveté, Miss Hellen, versez-moi le thé. » Théodore de Banville (1823-1891)

L’anecdote se situe en Chine, bien entendu, en l’an 2737 avant Jésus-Christ. Le redoutable empereur Shennong voyage dans sa belle campagne. Lors d’une pause bienvenue, on lui sert pour le désaltérer, comme l’accoutumée, une tasse d’eau bouillie. Un coup de vent y fait tomber des feuilles, lesquelles infusent et assombrissent le royal breuvage. Curieux, Shennong goûte, savoure, il est conquis. A noter que, près de cinq mille ans après cette première gorgée mémorable, la Chine est le premier producteur de thé, boisson la plus consommée dans le monde après l’eau. Ce thé que les Chinois venaient d’inventer, ils l’utilisèrent principalement à des fins thérapeutiques, sa consommation sous forme de boisson se généralisa au VIIème siècle.

Tea Time 44x60cm
44x60cm « Tea Time » (Galerie La meilleure façon d’habiter) Les bonnes manières à respecter dans une maison de thé chinoise, sous peine de passer pour un touriste mal dégrossi : – Utiliser ses deux mains pour soulever la tasse. – N’ajouter ni sucre, ni lait. – Boire lentement pour apprécier le goût.

Rêver du pays où l’on n’arrive jamais

 » Gaspard demeura couché pendant de longs jours. Il avait deux côtes cassées, et la perte de son sang l’avait tellement épuisé que sa chambre demeurait comme dans un nuage et qu’il reconnaissait à peine ceux qui le soignaient. Le médecin défendait de lui parler.

Dans ses rêves, Gaspard voyait une forêt avec des arbres très hauts. Il marchait longtemps dans la forêt, puis arrivait à une lisière. Il y avait entre les fûts des arbres un vif éclairage. Il s’approchait, franchissait la lisière et, soudain, dans l’herbe des champs, s’étendait une carte de géographie vaste comme un monde, avec des routes et de vraies villes. En s’avançant, il s’apercevait que l’herbe était en crin, la route en carton et l’eau faite de cellophane. Il n’y avait personne nulle part. Il arrivait devant un mur où était collée une affiche, et sur l’affiche était peint un portrait, celui de l’enfant d’Anvers, dont les yeux de papier brillaient. Une nouvelle lumière en jaillissait comme d’une source et, dans cette lumière, il y avait d’autres villes, et des bateaux qui fuyaient sur la mer. Les lèvres de papier remuaient et disaient : -. Je cherche mon pays -. »André Dhôtel (Le pays où l’on n’arrive jamais)

40x50cm La forêt enchantée
40x50cm « La forêt enchantée » (Galerie La Vie rêvée des arbres) puis-je avouer que, adolescente, ce roman de la littérature contemporaine fut mon livre de chevet. Il a certainement contribué à développer chez moi le goût du merveilleux. Ce  »pays où l’on n’arrive jamais », c’est le mien, en peinture comme en poésie…