Gai, gai, c’est jour de fête et de 💒! ❤️

Aujourd’hui, dans une autre région de l’hexagone, Hubert a épousé sa chérie depuis quinze ans, mère de deux de ses trois enfants. Mon ❤️ est gai, car Hubert est mon fils (j’ai quatre fils, plus une fille…). Mon ❤️ saigne, car nul proche, nul membre de sa famille, nul ami, n’était présent. Seuls acceptés dans la mairie, dûment masqués, le couple, leurs deux témoins, leurs deux fils, plus la grande fille déjà adulte d’une précédente union. Ouf, le mariage est célébré, en dépit de la menace diffuse et inquiétante d’un nouveau confinement qui eût pu tout faire stopper.

50x50cm « M comme Mariage« , vendu sur commande, Galerie Chemins de spiritualité

Donc, sans moi, qui me contente des photos et autres connexions virtuelles. Dès que possible, bien entendu, nous nous réunirons pour fêter dignement cet événement familial, en une prochaine étape champêtre et estivale. Mais je ne peux m’empêcher de râler. Je suis très en colère, songeant à tous ces crétins à capuche qui se sont réunis il y a deux semaines à peine dans un vaste hangar, dans l’impunité quasi-totale, pour célébrer la nouvelle année entre musique à fond, stupéfiants, violences aux forces de l’ordre et autres fariboles. Soit 2500 contrevenants, tout de même… En face, pour faire contrepoids, une famille d’une petite dizaine de personnes, enfants compris, tous bons citoyens et respectueux des lois, des mesures sanitaires et du sacro-saint couvre-feu. Nonobstant ces menus désagréments… Beaucoup de bonheur aux  »jeunes » mariés…..❤️

La venue de l’Antéchrist

 »-. Oh, Seigneur, dans quelles ✋ est tombée ton église ? Transformée en prostituée, amollie dans le luxe, elle se vautre dans la luxure comme une couleuvre en chaleur ! De la pureté nue de l’étable de Bethléem, bois comme fut bois le lignum vitae de la croix, aux bacchanales d’or et de pierre, regarde ! Même ici, tu as vu le portail, on n’échappe pas à l’orgueil des images ! Ils sont proches, les jours de l’Antéchrist, et moi, j’ai peur, Guillaume !

Ses lieutenants sont déjà ici, envoyés comme Christ envoya les apôtres de par le monde. Ils foulent aux pieds la cité de Dieu, séduisent par la ruse, l’hypocrisie et la violence. C’est alors que viendra le moment où Dieu devra envoyer ses serviteurs, Elie et Enoch, qu’il a gardés encore en vie dans le paradis terrestre pour qu’un jour ils confondent l’Antéchrist. Et ils viendront prophétiser, vêtus de toile, et ils prêcheront la pénitence par l’exemple et par la parole… » Umberto Eco (Le nom de la rose)

La lassitude des vieilles pierres

 »-. Je compris que j’étais las des vieilles pierres et des églises anciennes. Las des murmures tristes de l’histoire. Las de tout ce qui n’était pas neuf et brillant. Las des pièces de monnaie qui n’avaient pas été frappées la veille. Las de Venise et de toutes ses splendeurs disparues, de ses palazzi naufragés, de ses lagunes fétides et des 🏝️ envahies par les roseaux, lentement aspirées vers le neant par les marées. Venise était une carcasse pourrissante mangée par les vers. Je suffoquais, je ne pouvais plus respirer. Puis je sentis la ✋de mon ami Rinio sur mon épaule.

50x50cm « Palazzo« , vendu, Galerie La meilleure façon d’habiter

-. Il faut partir. Il n’y a plus rien pour toi, ici-. Quand je levai les yeux, j’avais le visage trempé de larmes. Il gloussa gentiment. -. Ah, ce que tu es sentimental !-. Le vent était tombé et l’après-midi plus doux. Un vol de colverts passa au-dessus de nous. Nous filâmes pleins gaz dans le chenal élargi, et nous dépassâmes Torcello et Burano. Venise s’éleva comme une cité de rêve sur l’océan rose, jaune et sépia au-dessus de l’eau vert foncé, ses flèches et ses dômes étincelant sous le ☀️ hivernal. S’il est une chose que la vie nous enseigne, c’est bien l’oubli. » Robert Girardi (Vaporetto 13)

Loger dans le lit du mort

 »-. N’allait-il pas succomber de la même façon que son père, frappé à la tête par la ✋ de Dieu ? -. Moi aussi, j’étais présent quand on a brûlé les Templiers, devant le Palais… Sait-on jamais la nuit qu’on doit mourir ? Sait-on jamais la nuit qu’on devient fou ?-. Et s’il parvenait à franchir cette abominable nuit, s’il voyait se lever la tardive aube d’hiver, dans quel épuisement ne serait-il pas le lendemain ?

Il continuait d’errer, haletant et frissonnant autour du grand lit nappé d’ombre. C’était ce meuble qui l’épouvantait. C’était ce lit qui était maudit. Et jamais il ne parviendrait à y dormir. Le lit du mort. -. Passerais-je donc ainsi toutes les nuits de mon règne à marcher en rond pour ne pas trépasser ?-. Mais, le moyen d’aller se coucher ailleurs, d’appeler ses gens pour qu’on lui préparât une autre chambre ? Où puiser le courage d’avouer-. Je ne puis loger ici parce que j’ai peur-, et de se présenter aux maîtres de l’hôtel, aux chambellans, ainsi défait, tremblant et désemparé ? » Maurice Druon (Les Rois Maudits)

Le temps est un grand maître

Depuis deux ans et quelques mois, je tiens régulièrement rubrique sur mon site. J’ai eu la surprise de voir apparaître, et disparaître sans laisser de traces, autant d’amis virtuels que dans la  » vraie vie’‘. Que sont devenus ces passionnés, ces chroniqueurs et chroniqueuses intéressants, documentés et souvent salutairement impertinents, dont le blog est désormais absent et fait écran blanc ? La vie les a-t-ils balayés, la routine les a-t-ils gagnés, l’aventure les a-t-ils lassés, sont-ils passés à tout autre chose ? Ma réflexion me conduit, bien entendu, à m’interroger sur mes propres motivations.

La passion va-t-elle me quitter, vous quitter ? Le doute va-t-il me submerger, vous submerger ? N’aurai-je plus rien à PEINDRE ?N’aurais-je plus rien à communiquer, avec réciprocité de votre côté ? Autant d’interrogations, une seule réponse qui nous ménage, à vous comme à moi, une éventuelle et honorable porte de sortie, car, sait-on jamais…: -. Le temps est un grand maître.

60x80cm « L’atelier de Christine« , collection privée, Galerie Z’Artistes

Mon conseil-. – Pour vous, pour moi, à demain… Peut-être… A demain, sans doute ! A demain, promis !

Tout l’amour d’un père

 »-. J’ai perdu une fille de dix-sept ans, belle, pétillante. Une fille à l’avenir prometteur. Elle était tout pour moi, tu piges ? Elle était toute ma vie. C’est moi qui réveillais Diana chaque matin. Tous les mercredis, je lui faisais des pancakes aux pépites de chocolat. Quand elle était petite, rien que nous deux, on allait acheter des barrettes, des chouchous ou des pinces à cheveux en écaille de 🐢, elle en avait toute une collection.

Ovale 50x60cm Portrait de Lily Jeanne, vendu, Galerie Femmes, Femmes, Femmes

Moi, je n’étais qu’un papa 🍰. Quand elle a attrapé la fièvre rhumatismale, j’ai dormi huit nuits d’affilée dans un fauteuil, en priant Dieu d’épargner ma petite fille. J’ai assisté à tous les matches de hockey, concerts, spectacles de danse, remises de prix et réunions de parents d’élèves. Quand elle a eu son premier rendez-vous, je l’ai suivie en cachette au cinéma tellement j’étais inquiet. J’aimais cette gamine de toutes mes forces, chaque jour de sa vie, et lui… » Harlan Coben (Par accident)

Procession funèbre

 »-. Une procession de brahmanes qui se dirige de ce côté. S’il est possible, évitons d’être vus-. Le guide détacha l’éléphant, en recommandant aux voyageurs de ne point mettre pied à terre. Lui-même se tint prêt à enfourcher rapidement sa monture, si la fuite devenait nécessaire. Mais il pensa que la troupe des fidèles passerait sans l’apercevoir, car l’épaisseur du feuillage les dissimulait entièrement.

Le bruit discordant des voix et des instruments se rapprochait. Des chants monotones se mêlaient au son des tambours et des cymbales. Bientôt la tête de la procession apparut sous les 🌲, à une cinquantaine de pas. Ils distinguaient aisément, à travers les branches, le curieux personnel de cette cérémonie religieuse. En première ligne s’avançaient des prêtres, coiffés de mitres et vêtus de longues 👗 chamarrées. Ils étaient entourés d’hommes, de femmes et d’enfants, qui faisaient entendre une sorte de psalmodie funèbre, interrompue à intervalles réguliers par des coups de tam-tams et de cymbales. Derrière eux, sur un char aux larges roues dont les rayons et la jante figuraient un entrelacement de 🐍, apparut une statue hideuse . » Jules Verne (Le tour du monde en quatre-vingt jours)

Le lavoir de Gervaise

 »-. Il pleuvait une humidité lourde, chargée d’une odeur savonneuse, une odeur fade, moite, continue. Et, par moments, des souffles plus forts d’eau de Javel dominaient.

Le long des batteries, aux deux côtés de l’allée centrale, il y avait des files de femmes, les bras nus jusqu’aux épaules, les jupes raccourcies montrant des bas de couleur et de gros souliers lacés. Elles tapaient furieusement, riaient, se renversaient pour crier un mot dans ce vacarme, se penchaient jusqu’au fond de leurs baquets, ordurières, brutales, dégingandées, trempées comme par une averse, les chairs rougies et fumantes…’‘ Emile Zola (L’Assommoir)

En un tsunami de fausses bonnes idées

 »-. Dimanche pluvieux et maussade. Que faire, qui me sorte de mon atelier, et m’oblige à m’occuper d’autre chose que de ma modeste personne ? Sans grand enthousiasme, lovée sur le canapé, cliquant distraitement sur ma tablette, je passe en revue divers tutoriels qui tous traitent de ma passion intime et redoutable, la peinture. Je déteste les tutoriels, ils ne me concernent pas, je préfère faire à ma manière… Corvée obligée, il est grand temps que je m’informe au lieu de critiquer. Défilent alors, devant mes yeux ébahis, moult techniques incroyables, incongrues, stupéfiantes, délirantes. On utiliserait donc, pour étaler la matière et plus si affinités, des cure-dents, bâtonnets d’oreilles, éponges métalliques, ronds de serviettes, flûtes à champagne, gobelets en carton, papier sulfurisé et autres ingrédients de la bonne ménagère accomplie ? Et pourquoi pas des tampons hygiéniques, tant qu’on y est, pour signer un art strictement féminin et même féministe ? ! Vite, il me faut essayer, et réussir.

Je me lance, je teste, j’essaie, je mélange lesdites techniques. Mais avec moi c’est un fiasco complet, j’en reviendrai donc à mes bonnes vieilles méthodes ringardes mais éprouvées, brosse à dents, papier cadeau et colle, parfois un soupçon de perles et strass, ou un bout de dentelle. Bon, je persiste, et parviens à créer un fond en tapotant avec une éponge à récurer les casseroles. Le fond acté, il me faut encore trouver un sujet approprié, qui s’y cale grosso modo. Va pour un tsunami… Un tsunami de couleurs.

40x40cm « Tsunami« , galerie Les Clins d’oeil de Dame Nature

Mon conseil. -. Cet échec retentissant ne m’a guère perturbée. Encore que… J’aurais bien voulu en connaître la raison. Ce qui marche avec les autres ne marcherait donc pas avec moi ? Curieux…. Eurêka, après réflexion, j’ai trouvé : -. Pour réussir une expérience, ne faut-il pas, en préambule, y croire ?-

Scène de viol

 »-. Jamais elle n’aurait dû s’attarder aussi longtemps. Myriam serra les dents. Elle avait vu juste. Les cavaliers venaient droit sur elle. Elle se retourna, le souffle déjà coupé de terreur, et reprit sa course. Mais ses jupes pesaient si lourd ! Et cette terre qui s’enfonçait sous ses pas. Courir… Parvenir aux 🏠 dont la masse sombre n’était pas si loin… Le terre vibrait sous le galop des chevaux. Les deux hommes n’étaient plus qu’à quelques mètres d’elle, ils criaient des choses qu’elle ne comprenait pas, ils riaient… Cours, Myriam, cours !

Soudain, elle ressentit une violente douleur à la cheville, perdit l’équilibre, sentit le choc brutal de la terre. Ils étaient là ! Ils descendaient de 🐎, s’avançaient vers elle. Elle ne distinguait pas leurs visages. Déjà, ils étaient sur elle. Elle se sentit saisie, retournée, plaquée contre le sol, ils continuaient de rire. Soudain un poids s’abattit sur elle. Quand elle voulut hurler, une ✋ la bâillonna. L’autre soldat était là, à côté…. Des uniformes…une odeur de bière, de cuir… Le hennissement d’un 🐎… La douleur. » Joseph Joffo (Le hussard de l’espoir)