Dis, Mamie… Ce tableau, ça, c’est du boulot !

Mon p’tit Lulu, c’est un ado un peu boutonneux, qui cache un cœur ❤️ d’or sous des salves de ricanements. Mon p’tit Lulu aime passionnément la musique, déchiffre le solfège comme un poème d’amour, pratique avec rythme, énergie mais subtilité l’art délicat de la batterie. Bref… Mon p’tit Lulu est musicien dans l’âme, raison pour laquelle je l’ai dépeint comme tel dans un tableau qui lui est dédié, à lui tout seul. Sur quatre saynètes, s’il vous plaît, – Lulu Boum-boum, L’Orchestre de Lulu, Lulu fait le pianiste, et bien sûr, pour clôturer le tout, en fanfare, Lulu l’homme-orchestre.

On ne peut avoir tous les talents, mon p’tit Lulu est particulièrement hermétique au monde de l’art. Mon 🎁 lui est allé droit au ❤️, certes, mais il en a tiré une réflexion d’un bon sens pratique confondant -. Waouh, Mamie, quel boulot ! Combien de temps pour tout ça ?-. Mon Lulu, quand on aime, le temps aussi c’est 🎁. Et pour moi, la peinture, c’est une passion ! . Concrètement, si l’on compte trois-quatre heures inspiration comprise, pour chaque saynète, plus le montage, le collage, les finitions… Mon Lulu, quand on aime, on ne compte pas !

60x80cm « Les aventures de Lulu le musicien« , collection privée, galerie X Large

Mon conseil. – . Pour cacher ma tendresse, et encore plus mon manque de technique dans la catégorie Portraits, j’ai opté pour la carricature. -. En stylisant les instruments de musique, j’ai évité de me lancer dans des détails requérant un coup de ✏️ subtil que je ne maîtrise pas, et surtout… chronophage.

Faire fi de la malédiction des Templiers

 »-. Après vingt-neuf années d’un gouvernement sans faiblesse, le Roi de fer venait de trépasser, frappé au cerveau. Il avait quarante-six ans. Sa mort suivait, à moins de six mois, celle du garde des Sceaux, et, à sept mois, celle du pape. Ainsi semblait se vérifier la malédiction lancée le 18 mars 1314, du haut du bûcher, par le grand-maître des Templiers. Qui les citait tous trois à comparaître au tribunal de Dieu avant qu’un an soit écoulé.

Souverain tenace, hautain, intelligent et secret, le roi Philippe avait si bien rempli son règne et dominé son temps qu’on eût l’impression, ce soir-là, que le ❤️ du royaume s’était arrêté de battre. Mais les nations ne meurent jamais de la mort des hommes, si grands qu’ils aient été. Leur naissance et leur fin obéissent à d’autres raisons. Le nom de Philippe le Bel ne serait guère éclairé dans la nuit des siècles que par les flammes des brasiers où ce monarque jetait ses ennemis. » Maurice Druon (Les Rois Maudits)

La corde pour me pendre

 »-. Niels avait trouvé une fente entre les poutres du plafond et le plancher du grenier. Il avait dû avoir du mal à faire passer la corde, car la fente était très étroite. Puis il s’était pendu. Il n’avait pas pris la peine de quitter la 🏠 chaude pour faire comme la plupart des gens qui avaient ça en tête. Aller se pendre dans l’entrepôt… Là, il était facile de trouver une poutre et assez de place. Dans ses derniers moments, il avait choisi de rester à la chaleur du poêle. Les entrepôts étaient trop solitaires et trop hauts de plafond. Il y avait largement de la place pour autant de corps qu’on voulait.

Mais Niels s’était pendu près de poêle. Dans une pièce si basse de plafond que la hauteur était à peine suffisante pour pendre un homme adulte. Il n’avait pas été effrayant à voir, compte tenu des circonstances. N’avait ni les yeux révulsés ni la langue pendante. Mais la couleur n’était pas belle à voir. La vieille 🏠 commençait à s’agiter, et Niels suivait le mouvement. Une mèche brune pendait sur son front. Comme s’il avait bu quelques verres de trop. Les yeux étaient fermés. Les bras pendaient tout droit le long du corps. C’est seulement maintenant qu’il montrait qui il était. Un commis de boutique très seul, avec de nombreux rêves secrets. Mais qui avait finalement pris une décision. » Herbjorg Wassmo (Le livre de Dina)

La Bibliothèque

 »-. Il m’est arrivé de voyager des nuits et des nuits à travers couloirs et escaliers sans rencontrer un seul bibliothécaire… Quand on proclama que la Bibliothèque contenait tous les livres, la première réaction fut un bonheur extravagant. Tous les hommes se sentirent maîtres d’un trésor intact et secret. Il n’y avait pas de problème personnel ou mondial dont l’éloquente solution n’existât quelque part… On espérait aussi, vers la même époque, l’éclaircissement des mystères fondamentaux de l’humanité, l’origine de la Bibliothèque et du Temps. Il y a des chercheurs officiels, des inquisiteurs. Je les ai vus dans l’exercice de leurs fonctions, ils arrivent toujours harassés, visiblement aucun d’eux n’espère rien découvrir.

30x40cm « Diplômée es études« , galerie Chemins de spiritualité

À l’espoir perdu succéda, comme il est naturel, une dépression excessive. La certitude que quelque étagère de quelque hexagone enfermait des 💷 précieux, et que ces 💷 précieux étaient inaccessibles, sembla presque intolérable. Une secte blasphématoire proposa d’interrompre les recherches et de mêler lettres et symboles jusqu’à ce qu’on parvînt à reconstruire, moyennant une faveur imprévue du hasard, ces 💷 canoniques. » Jorge-Luis Borges( La Bibliothèque de Babel)

En hommage aux… Z’Artistes

J’étais alors à peine adolescente. Sur les planches de l’opéra de Marseille, qui était en ce temps-là un haut lieu de culture et de création, j’ai assisté, éblouie, à une représentation, à guichets fermés, du ballet Roméo et Juliette de Tchaïkovski. Dans les rôles-titres, rien de moins que les danseurs-étoiles vedettes incontestées et incontestables de l’époque, le russe Rudolf Noureev et la britannique Margot Fonteyn. Que du beau monde sur scène, avec en prime la magie des décor, la musique de l’âme russe, le chatoiement et la richesse des costumes, la magie et la féerie, bref, l’ambiance qui forge les souvenirs. Et, en prime le goût du beau, du travail bien fait, du respect du public.

30x40cm « Le ballet des Fleurs« , galerie Z’ArtistesEn hommage appuyé au regretté danseur 🌟 Patrick Dupond-

Il m’est resté, outre l’émotion inoubliable d’un événement dont, en dépit de mon jeune âge, j’avais ressenti le caractère exceptionnel, l’envie d’être à mon tour une artiste. Non point pour être applaudie et reconnue par mes pairs, telles les chanteuses de variétés qui s’égosillaient alors sur les ondes. Non, ce qui m’avait frappée, et l’impression perdure, c’est la somme de travail considérable qu’il faut mettre en oeuvre pour promouvoir son art quel qu’il soit, sans que, mine de rien, cela paraisse. En quelque sorte, l’effort dans la légèreté… Bingo! La peinture permet de libérer son ❤️, sa ✋, son âme, avec de petits moyens et de grands effets. Les esprits chagrins rétorqueront -. Avec de grands moyens pour de petits effets-. Mais alors là, le tableau est vraiment raté….

Mon conseil. -. Ne pas faire ressentir au spectateur l’effort, la patience, le nombre d’heures passées sur son chevalet, c’est un respect que l’on doit à son public. Pour ce faire, être simple mais non moins efficace, coloriste mais non point barbouilleur, dessinateur mais non point exagérément copiste. Les artistes se devraient d’avoir toutes ces qualités, sans trop les montrer… Plus quelques défauts, pour assumer leur personnalité et leur différence. Les défauts, hélas, s’affichent d’eux-mêmes sur la toile…

Écrire un best-seller

 »-. L’auteur a adopté l’attitude suivante en écrivant un best-seller. Il s’est dit que la vie serait vraiment formidable si, au bout de cinq mois, il obtenait la plupart des choses que son ❤️ désirait ardemment. Il planifia donc ces choses. L’écriture de son 💷 lui prendrait cinq mois, il décida de faire le mort pendant cent cinquante-trois jours. Cela semble très étrange, mais pas impossible. Balzac l’a fait, pourquoi pas lui ? L’auteur de La Vie Prodigieuse s’est enfermé dans sa chambre avec ses manuscrits et une cafetière pendant des jours et des jours. Et, à la fin, sa chambre ressemblait à un champ de bataille, mais il avait réussi.

50x50cm « Perché », galerie La meilleure façon d’habiter -La meilleure façon, selon moi, de faire retraite pour écrire un bouquin. Avis aux amateurs !-

Cinq mois ! Plus de bavardages dans les cafés. Il s’est dit à lui-même, –je ne serai là pour personne-. Plus d’invitations à déjeuner, pour le thé, une partie de billard, des cocktails ou des dîners. Plus de danses endiablées sous des lumières tamisées romantiques. Plus de golf. Plus besoin de se demander quoi porter. Ou quand prendre un bain. Il s’est dit que tous ces détails ne comptaient plus. Il serait libre. » Al Koran (Instructions secrètes et infaillibles pour mener votre vie au top)

Ma belle forêt, forêt oh ma belle !

 »-. Depuis de nombreux siècles, l’homme a aménagé et exploité les forêts pour la production du bois. Les besoins ont beaucoup varié, et l’on sait que les beaux chênes que nous voyons aujourd’hui à Fontainebleau avaient été plantés sous Colbert, au dix-septième siècle, pour fabriquer des mâts de ⛵ à voile. Si certaines forêts donnaient du bois de construction, d’autres, proches des villes et des villages, étaient exploitées en taillis pour fournir les quantités de bois de chauffe nécessaires au chauffage domestique et à la boulange.

Les Trois Saisons, dans mon atelier de peinture, pour accompagner mon inspiration

De nos jours, l’accueil du public prend une importance croissante. On voit ainsi que les forêts ont dû répondre à des besoins divers, qui n’ont cessé d’évoluer. Malgré tout, les forêts demeurent des écosystèmes complexes, qui constituent une grande part des milieux hébergeant la flore et la faune sauvages. Elles jouent également un rôle majeur dans la préservation de la qualité de l’air et de l’eau. Les incertitudes sur l’avenir que représentent le changement du climat et les pollutions amènent à élaborer une stratégie globale de maintien de leur diversité biologique à tous les niveaux. » Michel Chauvet et Louis Olivier (La biodiversité, enjeu planétaire)

L’héritière

 »-. Tu devrais me mettre dans ton livre parce que je suis désespérée. Je vis seule dans un superbe appartement à Rome, sur la Piazza Navona. J’ai tellement de fric que je ne sais même plus quoi en faire. Je n’ai pas eu de vrai petit ami depuis des années, mais j’ai dû coucher avec une centaine de mecs depuis mes quatorze ans. J’ai un diplôme de droit dont tout le monde se fout. Pourtant, je suis beaucoup plus intelligente que ma sœur, mais je n’ai pas sa beauté.

Alors…

Les personnages désespérés sont toujours plus intéressants, non? Tu sais ça, l’écrivain ! Regarde Anna Karenine, ou Madame Bovary. Bon, cela dit, je n’irai pas jusqu’à me suicider. Tout ce merdier me fait peur. Mais ce soir, par exemple, je suis tellement déprimée que je pourrais faire quelque chose de complètement dingue, juste pour gâcher la fête de 💒 de ma sœur. Regarde, par là, comme mes parents m’ont à l’oeil. Tu vois, le grand sec à lunettes, en smoking, et la femme crispée, tout en vert, sous ses diamants. Mes parents. Regarde-les un peu ! Ils sont morts de trouille que quelque chose tourne mal dans leur monde parfait. » Tatiana de Rosnay (À l’encre russe)

PEINDRE les souvenirs d’une enfance bretonne

-. Allo, Christine, j’aime beaucoup la Bretagne, je voudrais un tableau délibérément  »breton’‘, avec la mer, les 🏠, les ⛵. Et en grand, s’il vous plait . Bingo, au travail, en copiant sans vergogne la Bretagne d’autrui, car je ne suis pas bretonne….

 »-. Il habitait, en retrait du port, un petit pavillon qu’aujourd’hui je revois mal, car j’y ai pénétré plus ou moins en extase. C’était un automne clair. Avec des mouettes que le sol semblait souffler en l’air et qui tournotaient pour tournoyer parce que c’est leur vie. J’avais l’impression d’entrer en Bretagne. De gagner un de ces deux cents hameaux éparpillés sur l’île d’Ouessant. Je me souviens, le déjeuner commençait par des moules. Des Belges, sans doute. Pour la circonstance, elles chantaient la mer celtique. Dans leur fumée, comme dans les vapeurs du gouffre où la Pythie cherchait son délire, nos imaginations prenaient le large. Nos grèves natales étaient autour de nous. Les murs, envolés ! J’étais projeté dans la magnifique échancrure intérieure qui, pour un navire venant du large, s’ouvre sur la droite de la baie. Elle assèche à marée basse. Des pétillements mystérieux grouillaient sous les roches. Je rêve aux intérieurs douillettement vernissés des petites 🏠 ouessantines… Elles ouvraient au midi, avec des doubles fenêtres très étroites, et les vents les plus forts, s’ils faisaient trembler les murs, n’y bruissaient pas plus qu’un chantonnement de mouches. Sur les murs, tous luisants comme Baudelaire le souhaitait, et sur le bois des cloisons, les photographies de famille alternaient avec les coquillages et les images pieuses. Les édredons bombaient sous les couvre-lits… Des 🏠 de poupée à la façon des îles…’Henri Queffellec (Les enfants de la mer)

60x80cm « Maman les Petits bateaux qui sont sur l’eau… », vendu, galerie « Laissez-moi vous conter la mer »

Mon conseil. – Cette enfance bretonne décrite par Henri Queffellec date d’un bon siècle. Quant à moi… je suis marseillaise, donc en affinité élective et même sélective avec la mer, ses effluves, ses mystères et sa forte personnalité. -. Pour PEINDRE une Bretagne qui n’est pas la mienne, mais que j’aime de tout mon ❤️, j’ai joué la carte du folklore, des couleurs iodées et même d’une exagération assumée, presque exotique. La Bretagne avait, ce jour-là, trop de caractère pour se laisser traiter en demi-teintes… D’ailleurs, quand brille le ☀️ breton, les couleurs s’entrechoquent, le doré prend le pouvoir, sous la forme de petits morceaux de papier collés. Ma cliente, qui, elle non plus, n’est pas bretonne, s’est déclarée fort satisfaite.

Dans le grand salon

 »-. Au début, Mrs Callendar avait regretté l’indisposition soudaine du grand pianiste qu’elle avait engagé. Suivant son expression, c’était embêtant. Mais maintenant que l’heure de la réception approchait, tout ce que le vieux Sanson lui avait raconté au sujet de son mystérieux prodige commençait à la séduire. Et, étant spéculatrice comme beaucoup de femmes d’affaires, elle voyait dans l’arrivée de cette doublure inconnue la possibilité d’une aventure. De toute façon, elle était décidée à se fier à la parole du vieux Sanson. Après tout, ce n’était pas un charlatan. Il savait juger en artiste du premier coup d’oeil. Il n’arpentait pas son studio en veste de velours en obligeant ses élèves à l’appeler maestro. Il savait, à la satisfaction générale, aller droit au fait. Ce qu’il avait à proposer ne pouvait manquer d’être intéressant.

30x40cm « Lulu le pianiste« , galerie Z’Artistes

Le salon de la 🏡 était immense. Il s’étendait sur toute la longueur d’une façade et se terminait par une petite alcôve où l’on avait réservé, ce soir, une place aux exécutants, qui se trouvaient masqués par un paravent de laque qui montait presque jusqu’au plafond. Et devant lequel avait été ménagé un petit espace surmonté d’un dais de velours noir où se dressait une petite estrade qui servait de scène. D’un côté se trouvait un grand 🎹, et, après un assez grand intervalle, des rangées de chaises pliantes destinées aux invités. » Louis Bromsfield (Emprise)